Voyage

Argentine : Traversée d´un pays à coup de pouce.

Rejoindre Ushuaïa en stop en partant d’Iguazu n´était pas un challenge mais un rêve. Arrivés plus vite que prévu, nous avons decidé de remonter le pays par la célebre route 40. Entre petites galères et grandes joies en passant par de grosses surprises ; retour sur notre voyage argentin en stop.

Les chutes d’Iguazu, une  faune et une flaure tropicales pour débuter

Nous débutons notre visite au parc national d’iguazu coté brésilien pour une question d’organisation. Long de 1,2 kilomètres, le parcours offre la possibilité de contempler le site sous différents angles, jusqu’au mur d’eau géant. À ce moment nous nous réjouissons d’avoir emmené nos habits de pluie.

C’est également l’occasion d’observer une faune et une flore diverses. En matières d’animaux , nous avons croisé des arraignées, papillons, oiseaux, iguanes ou encore les fameux coaties; ou comme on aime les nommer les pickpokets de nourriture.

Le lendemain nous découvrons le coté argentin. Le parc propose différents parcours pour être au plus près des chutes. Sur le chemin, plantes et animaux font le bonheur de nos yeux, tout comme les panoramas qu’offrent les sentiers. Le clou du spectacle est la Garganta del Diablo, la gorge du diable. Du haut de ses 80 mètres et des 6 millions de litres d’eau, l’hypnose est assurée là haut.

Deux jours de visites exeptionelles dans une ambiance tropicale offrant des images à couper le souffle que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

 

Un début compliqué…

Rencontrés quelques jours plus tôt, Galane et Tophe, un couple baroudeur français, nous ont donné des conseils pour le stop en nous avertissant que cela peut parfois être difficile mais qu’il ne faut pas perdre le sourire et que la découverte des gens par ce biais est vraiment incroyable. Remontés à bloc, le carton en main, nous décidons de partir d’Iguzu le même jour, postés à une centaine de mètre de distance.

Après 2H30 de stop, nous les voyons s’installer dans une voiture, contents pour eux, nous avons droit à des coups de klaxon en guise d’encouragements. En ce qui nous concerne les heures défilent mais pas notre bonne humeur. Une chanson inventée deviendra notre hymne pendant le reste du voyage. Malheuresement notre sourire ne suffit pas à arrêter l’horloge de tourner ni les voitures d’ailleurs. Il est maintenant 22 heures, nous prenons poste à côté de la station service pour la nuit, demain est un autre jour.

Après une nuit froide et pluvieuse, une toilette au lavabo de la station nous redonne de l’entrain pour une nouvelle session stop. Une camionette s’arrête. Enfin !!! Juan, va chercher du matériel pour ses chantiers à une centaine de kilometres de là. Aller c’est parti il nous enmène avec lui ; à El Dorado. Nous continuons d’avancer grâce à un chauffeur de bus, qui s’est arrêté nous voyant marcher sous la pluie. Nous arrivons alors à Montecarlo, nos 125 premiers kilomètres nous font du bien au moral.

Rencontre avec la famille en or !

Batteries chargées et moral gonflé à bloc, nous nous installons dans un rond point à la sortie de la ville. Après 3 heures de petite pluie interminables, les mains froides, nous décidons d’arrêter le stop pour nous mettre à l’abris, c’est alors qu’une ultime voiture passe, nos pouces se lèvent par automatisme, et le véhicule s’arrête! Le pick up étant rempli, à l’intérieur la famille nous installe à l’arrière. Cheveux au vent, nous amusons les autres véhicules qui nous saluent et nous en profitons pour sécher un peu.

Une pause est organisée pour la visite de ruines jésuites, c’est à ce moment que nous faisons réellement connaissance avec nos chauffeurs ; à savoir Diégo, Laura, et leur fils Toto. Qui rentrent de leur vacances dans le nord de l’Argentine en direction de La Plata. Lors de la reprise de la route, la pluie revient dans la partie et Diégo décide alors d’aller dans une station service, afin de  récupérer de grands sacs plastiques pour mettre les affaires à l’arrière du véhicule et de ce fait nous serons à l’abris. Laura s’improvise guide et nous explique des coutumes, nous raconte les differentes danses présentent dans les régions argentines, nous fait decouvrir le maté (une vraie institution ici!) Et s’improvise professeur d’espagnol et nous de français. Les fous rires sont bien entendu de la partie. Cette famille décidément généreuse, nous offre, après quatre heures de route, notre premier choripan dans un resto-route.

Etant sensible à notre projet, et le courant pasant extrémement bien (surtout après 15h de route), Laura et Diégo nous invitent à dormir chez eux, une superbe nouvelle pour nous. Roulant toute la nuit, nous arrivons à La Plata vers 9h du matin. Nous sommes tous fatigués mais heureux d’être arrivés. Après une bonne douche et du rangement nous découvrons alors la vie argentine.

Le lendemain, Laura et Diego organisent un assado, le « barbecue » Argentin. Une quantité impressionnante de viande cuit durant plusieurs heures  sur les braises; et c’est une viande de très bonne qualité, car elle provient de la boucherie de Diego. Des morceaux plus impressionnants les uns que les autres et c’est l’occasion de rencontrer leurs autres enfants ainsi que des amis. Un repas festif dominical comme on les aime.

Buenos Aires et La Plata

Nos profitons d’être à quelques kilomètres de la capitale pour la visiter. Nous déambulons donc dans cette ville à l’architecture française. Mais c’est avec le Jardin botanique et la réserve écologique que nos sens prennent le plus de plaisir. Deux parcs de qualité au beau milieu de cette mégalopole.

Buenos Aires , c’est aussi la ville de Mafalda. Impossible de ne pas croiser une statue ou une peinture en hommage à la bande dessinée.

A La Plata, nos coups de cœur sont pour sa cathédrale aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur mais aussi pour son centre de la culture et de l’éducation, où nous avons suivi des cours de tango, participé à un cours de français pour parler de notre voyage et rencontré Fabricio, le journaliste de la radio du centre, qui à parlé de nous à des confrères de la presse écrite et qui nous a dirigé vers la banque alimentaire.

L’histoire sans faim

Nous nous présentons donc à la banque alimentaire de La Plata. C’est Cielo, chargée des bénévoles, qui nous accueille et accepte notre aide avec joie. Justement le lendemain se passe la fête de la solidarité, un forum pour les associations de la ville. Cela nous permet de nous familiariser avec les autres bénévoles.

Le lendemain, direction l’entrepôt où nous sommes essentiellement chargés  de la logistique et de la préparation des livraisons. Pas évident de tout comprendre mais les autres bénévoles nous aident volontier. Cela donne le droit à des quiproquos mémorables d’ailleurs. Lors de la récupération des dons, le vendredi, nous nous rendons au marché pour récupérer les invendus et nous aidons également les personnes des différentes associations à transférer les colis dans les autos .

Notre passage au sein de la structure fut bref mais cela nous à permis de découvrir tout le travail des bénévoles qui nous ont très bien accueillis.

Un au revoir difficile

Nous décidons de partir le 9 novembre de La Plata , ce qui permet à Laura de préparer un gâteau pour l’anniversaire de Marine. Ce joir là une chaleur étouffante est sur l’Argentine. Nous regardons la météo et d’intenses orages sont attendus durant 2 jours, Laura et Diego nous emmènent au terminal de bus pour nous prendre un ticket afin de ne pas nous deposer sous l’orage. Ils nous conseillent avec grande insistence d’emporter une tente car il y a des endroits perdus en direction de la patagonie sur la route 3.

Après la dégustation du gâteau et quelques larmes, nous embarquons dans un bus de nuit direction Bahia Blanca.

En route vers le Sud

Arrivés à destination nous apprenons que La Plata est inondée et que la tempête a commis de nombreux dégâts et fait plusieurs blessés.

Il n’aura fallu que quelques minutes de stop pour que Miguel nous ouvre les portes de son camion. En route pour notre premier camion stop !!! Le routier nous apprend qu’il y a deux sortes d’entreprises de transport : celles qui refusent catégoriquement les autostoppeurs pour des questions d’assurance et celles qui pensent que c’est une manière pour les chauffeurs de ne pas s’endormir au volant.

Nous réalisons alors le maté le long de la route et apprenons un peu de français à notre chauffeur qui s’empresse de s’enregistrer pour pouvoir le faire écouter à sa fille et sa femme. Lors d’une pause il appelle en visio sa famille pour dire qu’il est avec des français, tout le monde est ravi et veut nous entendre parler. Cest incroyable comme le français est apprécié ici!

La nuit tombe, c’est alors que Miguel nous propose de passer la nuit dans l’une des voitures qu’il transporte, un hôtel quatre roues à défaut d’un quatre étoiles.  Aller vamos ! Le lendemain, après un rapide café, nous reprenons la route dans la joie et la bonne humeur. Arrivés à Comodoro Rivadavia, Miguel nous dépose à proximité d’une station service, où  notre attente est rapide car Javier et Guillermo, deux ingénieurs miniers fanatiques de foot nous embarquent jusqu’à Tres Cerros. Ils nous invitent dans une station service afin de regarder LA grande finale entre River et Boca même si nous sommes français (et oui coupe du monde oblige). Une expérience intéressante car tout c’est arrêté durant 90min et beaucoup de supporters étaient présents dans la station. Arrivés à Tres Cerros l’heure avancée nous fait inaugurer la tente.

Au petit matin, c’est Luis, un autre routier qui nous emmène jusqu’à Rio Grande. Nous avons quinze heures devant nous pour faire connaissance avec ce camioneur au grand cœur, en buvant du maté bien-sûr. Obligés de passer la nuit à la frontière chilienne, en attente de papiers administratifs, Luis nous fait la cuisine et nous invite à passer la nuit dans son habitacle. Un moment folklorique et contorsionniste.

Aprés un double passage de frontières, nous arrivons le lendemain à Rio Grande où Luis nous laisse dans une station service en direction de Ushuaia. Nous demandons alors un carton à la station service et à peine avons nous écrit le H de Ushuaia, qu’un automobiliste se propose de nous emmener. Nous ne sommes plus qu’à trois heures de notre rêve.

Au bout du monde, le debut d’une amitié.

Alors que notre dernière voiture nous dépose au centre ville, après avoir fait des arrêts sur la route avec des paysages à couper le souffle mais aussi avec un vent froid et puissant. Nous décidons de prendre un hôtel car la ville étant touristique, c’est compliqué d’être hébergé chez l’habitant.

Le lendemain, nous partons à la journée en randonnée jusqu’au Cerro del Medio, offrant une superbe vue de la ville.

Dans la foulée, nous rencontrons Mariano, médecin aux urgences, qui apprend le français et souhaite nous inviter à passer la nuit chez lui. Nous le remercions au petit matin avec des crêpes pour le petit déjeuner.

Nous décidons de parcourir une dernière fois les rues d’Ushuaia avant de se remettre en route. Dans l’une des rues un bruit de marteau nous interpelle et nous tombons sur Juan Carlos, en haut d’une échelle, tapant sur ce qu’il semble être un ancien colectivo, les bus de ville. Il nous explique qu’il le transforme en camping car afin de parcourir l’Amerique et bien plus encore avec toute sa petite famille. Ayant un peu de temps devant nous, nous lui proposons de l’aider, et lui nous propose l’hébergement quelques jours.

Nous voilà donc accueillis dans cette chaleureuse maison, en compagnie de son épouse Andréa et de leur fille Hain. Le couple originaire du Vénézuela, a soif d’aventures, ils ont descendu tout le continent en moto pendant quatre ans afin de venir ici.

Fous rires, promenades, cuisine, récits de voyage et petit travaux ont rythmé notre cohabitation. Merci d’être apparu sur notre chemin et de nous avoir offert cette parenthèse vénézuélienne.

Direction le nord, un début Rock n’Roll

Nous reprenons la route grâce à deux camioneurs, successivement Ezquel et Diego. Qui nous dépose respectivement à Rio Grande, et à un poste de douane de Rio Gallagos à la bifurcation de la route 3 et la 40. Notre objectif étant de rejoindre El Calafate.

Nous sentons que notre présence gène la police, même s’ils acceptent volontier que nous faisions du stop. Nous nous demandons même si elle ne dissuade pas les automobilistes de nous prendre.

Un pick-up se fait arrêter. A son bord, six mecs au look punk. Ils sont un de trop et cela est non négociable pour la police. Nous discutons avec eux  et apprenons qu’ils sont musiciens et ont un concert à El Calafate dans quelques heures.

C’est alors qu’une voiture s’arrête pour nous prendre, la police lui demande de ce fait de se garer pour une fouille du véhicule. Le conducteur Thomas, nous apprendra par la suite que les policiers lui avaient déconseillé de nous faire monter si il ne voulait pas qu’il soit contrôlé. Étant en règle, tout se deroula très bien. Et avant de prendre la route nous expliquons à Thomas l’histoire des musiciens et se propose de prendre l’un d’entre eux. Nous voilà donc à 4 avec Maxi, le batteur du groupe, en direction de El Calafate.

Deux heures plus tard, nous voilà arrivés. Nous avons eu le temps de chanter et discuter et Thomas est un gérant d’hôtel à El Chalten, il a été sensible à notre projet et nous invite chez lui pour la suite de notre voyage.

Déposés au centre culturel La Sofia, où nous sommes accueillis par Adolfo, le propriétaire des lieux, le groupe nous propose de rester pour le concert et Adolfo pour la nuit , tout s’enchaîne parfaitement.

Pour remercier tout ce petit monde, nous proposons nos services, et nous voilà dans la peau de cuisinier, barman ou encore ingénieur du son.

Après une courte nuit et un concert plus que remuant, nous partons vers le célèbre Perito Moreno. Coup de chance pour nous, à peine 30 secondes  de stop et Derek, globe-trotter Canadien nous embarque.

Arrivés au parc national, c’est une véritable montagne de glace qui nous accueille. Subjugués par ce monument de la nature, il est difficile pour nous de décrire ce que nous voyons. Les mots ne sont pas assez puissants pour cette expérience… À notre retour à El Calafate, nous passerons une nuit de plus au centre, à bavarder avec Adolfo et de sa Sofia. Après avoir fait de la cuisine française.

Pour nous rendre à El Chalten, nous sommes pris par un couple belge qui nous offre des petits chocolats sur la route. Complètement impevisible.

C’est avec plaisir que nous retrouvons Thomas et avec qui nous passons la soirée. Son staff et ses amis nous conseillent pour le paradis des randonnées. Le lendemain, nous partons pour un circuit de 23 kilomètres avec une magnifique vue sur le Fitz Roy. En échange de l’hospitalité, nous aidons au nettoyage l’hôtel. Nous ne resterons que trois jours car de nombreux kilomètres nous attendent.

Au pays des gauchos

Le lendemain, Ingrid et Paul, journalistes français vivants au Bresil, nous prennent en stop. Nous profitons de la route pour des conseils en terme d’image et de journalisme. Les deux expatriés parcourent la région pour un documentaire sur la Patagonie. Ce fut vraiment intéressant de découvrir les dessous du documentaire. Les caméras, appareils photos et drônes se dégainent au moindre coin se route. Ils nous déposent à l’Estancia Santa Thelma, oú Marc Antoine et Isabelle nous accueillent.

Marc Antoine a parcouru la Patagonie durant sept ans avant s’y installer. Il a appris le métier en partageant son périple avec d’autres gauchos. Sur son terrain, il y a également des chambres d’hôtes. C’est en échange de quelques travaux et d’heures de ménage que le couple nous propose de rester quelques jours.

Nous partageons  de bons moments avec Jonhy, le gaucho de l’Estancia et Nicolas, un français venu en Argentine pour réaliser une année d’étude. Pour notre dernier jour, Isabelle et Marc Antoine nous proposent de monter à cheval, tous ensemble, et nous voilà partis sur les montures au milieu de la pampa argentine. Un énorme sentiment de liberté et un paysage grandiose s’offre à nous. La ballade s’est avérée tranquille, même si c’était la première fois pour Rodrigue, qui montait Choco, un pépère de 18 ans, ils ont formé un bon et beau duo.

Une fin en beauté

Lundi matin, quelques minutes après qu’Isabelle nous ait déposé sur le bord de la route, un camion s’arrête. Nous faisons environ 200 kilomètres en compagnie de David, puis 300 avec Marco. Deux chauffeurs chiliens qui sillonnent la route 40 argentine car elle est beaucoup plus pratique pour remonter vers Santiago que la route chilienne. Nous passerons la nuit au camping municipal de Rio Mayo.

Le lendemain, c’est Sergio, un autre routier chilien qui nous emmène. Pour ne pas avoir de soucis avec la police, il nous dépose à quatre kilomètres avant le village de Gobernador Costa (où il y a une douane) et nous donne rendez vous à la station service où il prendra une douche pour nous attendre. Le routier nous propose de rouler jusqu’à Bariloche, où des amis peuvent nous prêter un bout de terrain pour la tente. Merci l’ami !

Depuis Bariloche, nous voulons rejoindre San Martin de los Andes en empruntant la route des septs lacs. Changement de paysage, le désert de la Patagonie est derrière nous. La verdure des forêts et le bleu des lacs nous ouvre la route.

À San Martin de los Andes, nous faisons la connaissance avec Maru qui nous invite pour la nuit. Ne pouvant pas nous accueillir une nuit supplémentaire et comprenant l’objet de notre voyage, elle nous conduit à l’hôtel le plus solidaire qui soit, la caserne des pompiers. Ces derniers acceptent de nous accueillir pour la nuit.

Nous arrivons le jour de la course cycliste organisée par les hommes de feu pour collecter des fonds. Une bonne journée familiale et sportive pleine de convivialité.

Le lendemain avant notre départ, le chef de la caserne nous propose d’enfiler les uniformes et de grimper dans le véhicule de secours. Une aventure qui s’achève avec des yeux d’enfant.

C’est donc un périple de près de 7000 kilomètres qui se termine. Canicule, pluie, vent, froid, sable dans les yeux et longues heures d’attente auront fait partie de ce voyage. Mais c’est aussi rire, joie, solidarité et amitiés qui ont rythmé ces deux mois d’aventures, tels des battements de cœur, celui des personnes qui nous ont ouvert leur porte de voiture et de maison.

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