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Pérou : Terre d’histoire(s)

Il y a 45 jours, nous posions le pied pour la première fois en Amérique du Sud, au Pérou. Un nouveau décor pour notre aventure, mais aussi une nouvelle culture, une nouvelle langue, dans un pays que l’on peut qualifier de paradis perdu, entre tradition et mondialisation. On ne s’attendait pas en sortant de l’aéroport à se retrouver devant un immense panneau Coca-Cola… Retour sur notre épopée péruvienne.

Cajamarca : C.E.T.A, l’école de la vie.

Nous prennons la route jusqu’à Cajamarca, au nord du pays. Ville célèbre pour être le fief d’Ataualpa, le dernier Inca avant l’arrivée des conquistadors. Nous y sommes accueillis par la famille Estrada, avec Edgar, professeur de sport, son épouse Maribel et leur fille Valentina.
Edgar nous emmène à l’association CETA, qui mène ses actions aux seins d’un quartier pauvre de la ville. Le matin il y a école, pour les enfants de 3 à 7 ans, avec Rita, institutrice au grand cœur. L’après midi, Edgar y propose des ateliers sportifs et organise des tournois.  » Pendant qu’ils tapent dans un ballon, c’est du temps en moins à traîner les rues pour voler ou se droguer », nous confie le coach.

Nous sommes très bien reçus par les enfants, qui s’étonnaient de voir une barbe ou une paire de lunettes pour la première fois. Nous aidons Rita, qui est heureuse d’avoir deux paires de bras en plus. Rita, est fière de travailler dans cette école, qui est l’une des seules gratuites de la ville, qui accueille les enfants de familles démunies. Lors de nos ballades, il nous arrive de croiser des enfants de CETA en train de travailler dans la rue. Rita a remarqué que l’absentéisme se faisait rare lors de notre présence, c’est pourquoi nous mettions un maximum d’énergie dans les activités.

Les après midi sont consacrées à des cours de français ou de l’initiation au rugby avec les adolescents. Et dans un pays qui ne vit que pour le football, difficile d’appliquer les règles d’un sport qui se joue avec les mains. Mais les entraînements se passent dans la bonne humeur et les participants sont nombreux.

Lors d’une journée, Edgard nous a proposé de participer au cours de sport dans le collège où il travaille, afin de faire des séances avec le ballon ovale. Pour cet établissement, composé uniquement de filles, ce fut un franc succès car de nombreuses élèves ont demandé à Égard d’autres séances par la suite.

Avant de partir de Cajamarca, nous voulions laisser une trace de notre passage à CETA, qui nous a beaucoup apporté. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre des couleurs sur le mur de l’école, en réponse à cet arc en ciel de bonheur.

Durant trois semaines, nous n’avons pas été que des invités chez Edgar, nous avons fait parti de cette famille. Ballades nocturnes, découvertes culturelles, échanges culinaires, confidences et partage de passions, la famille Estrada nous a ouvert leur porte mais aussi leur cœur. Merci infiniment.

Vadrouilles et rencontres

La suite de notre chemin nous emmène à Huaraz. Nous décidons de tenter l’aventure à l’extérieur de la ville, dans les montagnes. C’est chez Andréa que nous trouvons refuge. Il n’y a pas d’électricité et le seul point d’eau du « village » se situe à 700 mètres de sa maison, mais la dame de 87 ans garde toujours le sourire.
La communication est un peu compliquée avec Andréa car elle parle le Quechua, mais elle fait l’effort d’employer l’espagnol et s’improvise professeur. Avant de se coucher, se mêlent le silence des montagnes, les hurlements des chiens de la vallée et la douce voix d’Andréa qui prie dans son lit.

A Cusco, c’est César qui nous ouvre sa porte. Il a quitté le Venezuela car la crise y est terrible. Maîtrisant parfaitement l’anglais, il a trouvé un job dans le tourisme et donne des cours particuliers en anglais. Cela lui permet d’envoyer de l’argent à sa famille dans l’espoir qu’elle le rejoigne un jour.

Impossible d’y échapper, notre route nous emmène au Machu Picchu. Spectacle impressionnant au milieu de la jungle, de cette architecture remplie d’histoires et de légendes. Cerise sur le gâteau, nous y avons rencontré Nicolas et Alejandro. Deux frères chiliens avec qui nous avons partagé la route tout en ramassant de délicieux avocats.

A Puno, nous voulions faire plus que voir le Lac Titicaca, nous voulions y naviguer. Après une longue discussion, un capitaine accepte de nous emmener sur l’île d’Amantani, où vit sa famille. Nous y sommes restés la nuit.
L’île nous a permis de rencontrer un couple barcelonais avec qui nous avons partagé une randonnée qui s’est finie sous un orage que l’on n’oubliera jamais.

À Arequipa, surnommée la « ville blanche », nous sommes tombés dans un lieu très coloré : La maison de Lucie et Pépé. Ils ont pour ambition de construire un local en torchis et matières recyclées, avec l’aide des gens de passage. À notre arrivée, il y avait 15 personnes venues de 11 pays différents, une véritable auberge espagnole. Une parenthèse sans frontières qui s’est terminée en soirée pizza la veille de notre départ.

Retour à Lima, chez Dayana, qui habite près de l’océan. Un peu de calme qui fait le plus grand bien dans cette cocotte minute de 12 millions d’habitants. Dayana a un rêve, celui de venir en France. Suivant des cours de français, elle révise beaucoup pour passer un diplôme afin d’aller dans une université française. Nous lui avons offert une séance de Ch’ti, des crêpes bretonnes et vendu les paysages auvergnats, a elle de faire son choix.

Le Pérou et sa culture nous aurons surpris du début à la fin. Dans un pays où les grandes villes sont surpolluées et où les villages sont coupés du monde, il est difficile de trouver sa place. Mais qu’importe l’endroit où nous nous trouvions, nous avons toujours réussi à trouver une main tendue pour nous aider.

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